L’année 2020 marque pour les formations professionnelle une véritable accélération de la digitalisation. En quelques mois, la généralisation du télétravail a bousculé les pratiques ainsi que les tendances. De nouvelles organisations de travail ont émergé. Les collaborateurs ont plus que jamais ressenti la nécessité de se former, voire de se transformer.

A l’aube d’une nouvelle année aux contours flous, celui-ci reste l’une des tendances fortes des mois à venir. En effet, dans son sillage, de nouveaux challenges à relever, des méthodologies de transmission à affiner et à réinventer. Mais aussi, un regard neuf à porter sur l’humain, des compétences plus fines à acquérir pour révéler tous les potentiels. En outre, 2021 sera l’année de la digitalisation, de la transformation.

1° Replacer l’humain au cœur des dispositifs apprenants.

Si le télétravail et la formation à distance n’ont pas attendu une pandémie pour émerger, celle-ci les aura largement mis sur le devant de la scène. Sans préavis, et c’est bien là que le bât blesse. Car, si chaque société, chaque collaborateur a dû s’adapter pour élaborer une solution de substitution, tous n’étaient pas prêts à se l’approprier. 

Il est plus que jamais nécessaire de remettre l’humain au cœur du processus de formation. L’accompagner dans cette transition numérique, lui donner les moyens de s’y épanouir, de ne pas la subir. En outre, pour les managers, des clés pour conduire leurs équipes au succès dans un environnement mouvant. Pour les collaborateurs, un apprentissage de ces nouveaux outils. De même, pour tous, une organisation capable de rassembler les trois unités phares : le temps, le lieu, l’action. Trois piliers, qui, surtout à distance, favorisent l’acquisition de compétences en appui sur une émulation commune : la volonté de progresser et de partager.

2° Inciter les collaborateurs à se former à l’aide du CPF

Initié fin 2019, cette réorganisation du CPF donne au collaborateur le pouvoir de prendre en main son destin professionnel. Si celui-ci peut agir en autonomie, l’entreprise a néanmoins tout intérêt à saisir cette opportunité pour accompagner les collaborateurs. Chacun des partis entre dans une dynamique gagnant-gagnant. Le collaborateur bénéficie d’un soutien éclaire dans le choix et le financement de sa formation. 

Différentes stratégies peuvent être envisagées par la suite : 

  • CPF autonome, la moins riche sans doute, qui consiste à laisser le collaborateur seul. Il est face à ses choix de formation, sans conseil, temps dédié ou recommandation. Le bénéfice reste alors en marge des objectifs de l’entreprise. 
  • CPF co-construit, collaborateur et RH décident ensemble du parcours de formation personnalisé. Le collaborateur acquiert de nouvelles compétences utiles à son poste, en l’échange de quoi, son employeur l’aiguille dans ses choix et lui libère du temps d’apprentissage
  • CPF co-financé : ici, l’entreprise s’engage à accompagner le déploiement d’un plan de formation personnalisé et financé, en complément du CPF, qui lui-même s’inscrit dans un plan de montée en compétences plus caste de l’ensemble des collaborateurs, afin de servir un objectif commun défini. 

3° Favoriser la réactivité pour libérer les talents.

Il est indéniable que l’heure est venue de remettre du temps réel dans les apprentissages. Il est temps de s’engager dans une démarche de Collaborative Learning, afin de répondre de manière satisfaisante, régulière et rapide aux besoins de formation. 

Pour libérer les talents et répondre à l’envie commune de progresser, mieux vaut se tourner vers des actions plus courtes, ponctuelles, fréquentes. Aujourd’hui, trop de temps, de budget et d’énergie sont consacrés à l’acquisition de compétences inutiles au quotidien. Un constat largement partagé, qui laisse un arrière-goût de démotivation pour chacune des parties engagées. 

Afin de regagner en efficacité, tant au plan personnel que pour servir les ambitions de l’entreprise, il est recommandé de travailler de concert. Il s’agit de réunion collaborateurs, RG et Responsables Formation autour d’une même problématique : se former “utile”, se former maintenant. Une approche de requalification plus dynamique, plus humaine, plus opérationnelle. Le résultat, un gain concret : la mise en pratique des compétences au sein du poste de travail.

4° Transiter des soft skills au Power Skills

Si historiquement, la formation professionnelle a vocation à transmettre un savoir-faire technique – les hard skills – de nombreuses études estiment, aujourd’hui, que celles-ci ne pèserait que 20% de la réussite professionnelle. Les 80% restants reposent donc sur ces fameuses Soft Skills, ces compétences personnelles, humaines, tant recherchées. Parce qu’elles sont au cœur des interactions au sein de l’environnement de travail, celles-ci sont plus que jamais nécessaires à la bonne marche du tout. 

A cela, s’ajoute le Big Bang du télétravail, qui bouscule même le plus rodé des managers. Dépourvu de son charisme naturel, celui-ci se retrouve face à une équipe éparpillée, mi absorbée par ses objectifs, mi absorbée par son chat. Soudainement, ces “compétences douces” se retrouvent au coeur du système et migrent vers les “Power Skills” des compétences de pouvoir. Et c’est bien là l’enjeu de 2021, redonner aux managers et leurs équipes, le pouvoir de faire. Autrement. 

En bref, il est essentiel de donner à chacun les clés de ces nouvelles organisations : comment manager à distance ? Comment préserver le lien ? Comment ne pas se faire cannibaliser par un flot d’échanges continu ? Comment faire le tri entre travail collectif et autonome ? Comment repérer ceux qui décrochent ? 

Autant de questions qu’une formation Blended Learning peut vous aider à solutionner en transmettant un savoir-être adapté aux interrogations de chacun, par le biais d’un coach. 

5° Cartographier les compétences à l’aide du Mind Mapping

Vous voilà à la moitié de cette exploration du monde d’après. Déjà une conclusion se dessine, il faut faire mieux, plus vite, plus efficace, plus concret. Seulement, pour cela, il faut l’accepter. Mais surtout, adapter vos méthodes. 

Finalement, il est temps de remiser les méthodologies d’antan au profit du Ming Mapping. Derrière cet anglicisme, une technique de management de l’information redoutablement efficace. Les cartes heuristiques, dans le texte, sont un puissant outil pour structurer vos idées, organiser vos objectifs. 

Ainsi, le Mind Mapping révèle tout son potentiel dès lors qu’il s’agit de cartographier les compétences métier comme soft / power skills. Véritables outils de pilotage, les cartes heuristiques permettent de mettre à plat l’ensemble des informations sur une même page. Et surtout, de créer des liens entre ces informations, de les structurer, les regrouper, les assembler, afin de servir un seul et unique objectif : progresser. Il offre l’opportunité d’obtenir une vision panoramique des savoirs de l’entreprise. Et par là même, de modéliser différents le parcours de formation, de matérialiser des alliances non intuitives. Un moyen relativement simple de revenir à une stratégie de formation plus court-termiste et plus efficiente.

6° Repenser les modalités du présentiel

Si le présentiel a encore la faveur de nombreuses organisations, la Covid nous a permis d’expérimenter un concept paradoxal : le présentiel à distance… Face à l’urgence de la situation, de nombreuses sessions de formation ont transposé le dispositif habituel de présentiel derrière un écran. Seulement, cela ne fonctionne pas. Ou pas autant qu’il le faudrait. Privée de l’émulation collective, la formation de 7h, seule derrière sa tablette, perd de son sel. C’est simplement long, descendant, dénué d’interactivité. 

Pour qu’elle fonctionne pleinement, la formation à distance doit revoir sa copie en s’inspirant des techniques du Blended Learning. Ainsi s’il faut se contenter de son écran. Il est toutefois nécessaire de réduire le nombre de participants, de manière à favoriser l’interaction ; ventiler les cours sur plusieurs jours, afin de préserver l’attention au fil des modules : imaginer des formats plus courts, plus participatifs, redonnant à l’apprenant la volonté de s’impliquer. Et d’échanger ! 

Parce qu’il mixe habilement présentiel et distanciel, le Blended Learning a démontré son efficacité. La clé de ce succès ? Un subtil équilibre entre en accompagnement humain personnalisé et un support technologique pensé pour distiller les savoirs dans les meilleures dispositions d’apprentissage. En phase avec les contraintes sanitaires, le Blended Learning est une option de choix pour pallier au défaut d’humanité du présentiel à distance.

Impulser le Peer Learning au sein des équipes

Redoutablement efficace et résolument plus motivante, cette approche consiste à partager ses connaissances au sein même de l’équipe, et ce, à tour de rôle. Ainsi, la ruche bouillonne et chacun gagne en légitimité, tout en enrichissant son terrain de jeu. 

Horizontal, le Peer Learning repose sur la collaboration et le partage. Il se pratique à deux ou en groupe, de manière plus ou moins formelle dans des temps dédiés ou non. L’essentiel étant que chacun sache ce qu’il va y trouver au préalable, de manière à optimiser son temps et ses ressources. En phase sur le sujet, tout le monde y gagne. L’expert du jour renforce ses connaissances en approfondissant ses recherches, les apprenants acquièrent de nouveau savoir ciblés en phase avec leur problématique de travail. 

3 idées pour tester le Peer Learning : 

  • Mettre en place un tutorat entre un collaborateur expérimente et un autre plus novice : Mathilde, CM depuis 3 ans, chapeaute Léa, recrutée la semaine passée. 
  • Expérimenter la méthode Jigsaw en permettant à un groupe d’être guidé par un collègue expert de la thématique : Nathalie, master Excel, partage ses fonctions secrètes avec le service compta 
  • Organiser des sessions Lunch’n’Learn, où un collaborateur expose aux équipes ses recherches sur un sujet transverse : Jérôme, juriste, expose les dernières directives CNIL à l’équipe IT lors du goûter du vendredi 

8° Nourrir l’Adaptive Learning à grand renfort de data 

Si l’Adaptive Learning a déjà fait ses preuves en 2020, personnaliser les parcours d’apprentissage est probablement l’une des approches les plus pertinentes pour toucher au but : viser juste et réaliser une économie de moyens. Face à des collaborateurs saturés d’information, pressées, stressés. L’Adaptive Learning est une option adaptée pour recentrer l’attention. 

En appui sur la data, la méthode gagne encore en efficacité. Ainsi, plus que de personnaliser le parcours d’apprentissage, capitaliser sur des indicateurs fiables et uniformisés permet de concentrer les efforts de tous. En définitive, l’entreprise limite l’investissement en temps de formation utile. 

9° Faire plus avec moins grâce au Frugal Learning

Si 2020 nous a appris quelque chose, c’est bien à nous adapter. Faire avec ce que nous avons à disposition, quitte à nous montrer plus créatifs. Et bien, c’est précisément dans cette mouvance que s’inscrit la tendance du Frugal Learning. 

Inspirée de la Frugalité – étymologiquement, qui se nourrit de peu, évolue avec simplicité – le concept nous invite à nous satisfaire de solutions plus simples, peut-être moins onéreuse, plutôt que de nous retrancher derrière des prétextes, des excuses, voir de fausses croyances. 

En 2021, c’est décidé, plus d’excuses pour ne pas se lancer, relever tous les défis. Tant pis si les moyens ne sont pas au rendez-vous, que le temps file trop vite ou que la dame de la compta n’a pas encore validé l’indispensable papier manquant. Dépassez ces fausses contraintes, dépassez vous ! 

Ainsi, retour aux basiques avec le Frugal Learning. Un subtil mélange de bon sens et de provocation dans un monde où il en faut toujours plus. Ici, on fait simple, en appui sur trois piliers : 

  • Favoriser des moyens de production disponibles et accessibles 
  • Se recentrer sur le besoin d’utilisateurs 
  • Se montrer ingénieux et créatif dans la proposition de solution 

Trois ingrédients élémentaires, qui, une fois adoptés, permettent de lever un nombre de freins incalculable. Ainsi, si les moyens manquent pour générer des contenus par millier, l’on contourne en se focalisant sur une production priorisée et des partages de connaissances à moindre frais. 

En résumé ! 

Et voilà ! C’est sur une note optimiste que s’achève cette balade au fil des Tendances Formation 2021. L’année passée nous aura appris à nous adapter, celle à venir nous permettra de parfaire cet apprentissage. La connaissance est au coeur de toute évolution. Osons apprendre, osons transmettre, osons nous réinventer ! Le digital est, pour cela, un merveilleux outils, dès lors qu’il sert à injecter un supplément d’humanité et répandre le savoir avec justesse. 

Vous avez aimé ? Partagez l’article !

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Découvrez notre livre blanc sur les tendances de la formation :